Les rouages de la mécanique

Après le nul accroché à Paris, le Montpellier Hérault continue sur sa lancée, et demeure invaincu en 2012. Une trajectoire d’autant plus méritoire que la lutte n’est pas à armes égales : en terme de budget, d’abord, les écarts sont importants : 36 millions d’euros de budget annuel pour Montpellier, contre 150 millions pour Paris ! Par conséquent les effectifs sont difficilement comparables. A Montpellier, il a fallu dénicher les stars de demain, et compter sur l’expérience de vieux routiers du championnat de France. Pas question de signer des joueurs en provenance de Chelsea, Barcelone ou Milan ! Mais il a fallu aussi composer avec des joueurs médiocres, des laborieux, appliqués certes, mais sans talent particulier. Pour autant, ce sont les mêmes qui participent du succès de l’équipe et, pour cela et parce qu’il ne faut jamais oublier que le football est un sport collectif, il fallait leur consacrer quelques lignes :

Bocaly, l’homme qui poussait sur ses jambes

Pour moi l’archétype du joueur laborieux. Prêté une première fois par Marseille à Montpellier, à son retour il ne parvient pas à s’imposer, et retourne à Montpellier. C’est à l’hiver 2010. Depuis c’est un titulaire régulier ; il fait partie du paysage. Pour autant, ce n’est pas un très bon joueur. Latéral droit de formation, il n’est pas toujours serein quand il s’agit de défendre. Il n’est pas rare de le voir passer des soirées compliquées, d’autant plus quand il a dans son couloir, un homologue rapide et technique. Souvent en retard, il concède de nombreux coups-francs. Cette saison, les lacunes de Garry se sont faites particulièrement ressentir à l’occasion du match Montpellier-Bordeaux. Pendant quarante-cinq minutes, il avait pris des courants d’air par Maurice Belay, au point d’être remplacé par Marveaux (!) à la mi-temps. Bocaly est davantage porté sur l’offensive. Pour autant la qualité de ses centres laisse parfois (souvent?) à désirer. Alors quelles sont les qualités qui lui permettent de durer ? Ce sont certainement l’envie et l’application au travail. Parce qu’il faut bien lui reconnaître quelques progrès, tant sur le plan défensif que sur le plan offensif. Mais c’est peut-être aussi la folie qu’il est capable d’apporter, quand il veut bien « pousser sur ses jambes »… (pour reprendre ses mots à l’issue du match Nice-Montpellier).

Estrada, le mou du genou

Milieu récupérateur de Montpellier depuis maintenant deux saisons, Marco Estrada ne s’est pas distingué par sa régularité. Auteur d’un très bon début de saison, il n’a pas confirmé depuis son retour de blessure, à l’occasion du match Montpellier-Toulouse. Peu inspiré dans la relance, il garde trop longtemps la balle, prend des risques, et ralentit la construction du jeu. Sur coups de pied arrêtés, il a quelques difficultés à lever les ballons et gâche beaucoup. Ces caractéristiques de mou du genou tranchent par trop avec celles de son prédécesseur, savoir Alberto « Tino » Costa. Alors quelles sont les qualités qui lui permettent de durer ? Comme pour Bocaly, c’est d’abord l’engagement. Estrada fait un travail de pressing extraordinaire, il n’y a rien à redire sur ce point. Ensuite, quel tempérament ! Du genre à se battre pour le maillot, le Chilien devance même René Girard quand il s’agit de contester les décisions du corps arbitral ! Un joueur attachant, en somme.

Camara, le fidèle

Souley, c’est un peu comme un vieux bibelot auquel on se serait attaché, et dont on ne voudrait plus se séparer, quand bien même il serait franchement affreux. Arrivé au club en 2007, en provenance de l’OGC Nice, il a connu les années Ligue 2, la montée en Ligue 1, l’élimination contre Gyor en Europa League, la finale de Coupe de la Ligue la saison dernière : c’est un fidèle parmi les fidèles. Pour autant, ce n’est pas un très bon joueur. Le plus souvent positionné ailier, il manque quelque peu de rapidité, et surtout de technique pour effacer son vis-à-vis. Peut-être aussi d’intelligence de jeu. Alors quelles sont les qualités qui lui permettent de durer ? C’est d’abord un super joker. Cette saison en tout cas, à la Mosson, Camara a souvent fait trembler les filets quand il est entré en cours de jeu. Et quand ce ne fut pas le cas, ce ne fut pas faute d’avoir fait une bonne entrée. On pense, par exemple, au match Montpellier-Toulouse. Ensuite, Camara est très bon quand il s’agit de défendre. A ce titre, le positionner couloir droit peut constituer une sécurité. Cela permet de compenser les montées de Bocaly, et de parer à l’éventualité d’une contre-attaque. C’est dans cette logique là, sans doute, qu’il a été préféré à Cabella pour le déplacement à Paris.

Cette liste n’est peut-être pas exhaustive mais, de mon point de vue, il s’agit des trois joueurs les plus représentatifs du « miracle collectif » réalisé par Montpellier cette saison.

Loulou

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5 réponses à Les rouages de la mécanique

  1. Mèch Tuyot dit :

    le plus dur ce sera quand vous vous rendrez compte que leurs remplaçants sont moins bons…

  2. tapasetclapas dit :

    Stambouli? Cabella? Je ne suis pas d’accord avec toi!

    • Mèch Tuyot dit :

      Stambouli est pour jouer à droite ? je le croyais axial, au temps pour moi.

      Sinon Cabella j’ai peur que contrairement à Camara, il vous cause des emmerdes, du genre n’importe quel club pourri en espagne me veut, me propose 4x le salaire et ne pourra pas me payer parce que c’est comme ça, mais je réfléchis pas, mon idôle c’est Messi (Oui Cristian sera parti ailleurs d’ici là…) j’ai tjrs rêvé de jouer contre lui, je ne pouvais pas refuser.
      Le tout au mercato d’hiver en faisant du caca boudin

      • tapasetclapas dit :

        Stambouli peut jouer à la récupération ou en défense centrale. Cabella peut jouer sur un côté, comme il l’a déjà fait, ou dans l’axe. En plus il a un QI de 150.

  3. Rokito dit :

    Merci de leur rendre hommage…

    en revanche, je trouve que Bocaly est quand même pas mauvais, même s’il préfère parfois attaquer plutôt que défendre…mais il reste un bon joueur.

    Idem pour Camara qui peut faire la différence parfois…

    par contre, Estrada…il n’a pas le niveau et il est loin loin de celui de Costa. Ses coups de pied arrêté sont une véritable catastrophe, et c’est un frein pour l’équipe qui devrait marquer davantage de buts sur corner (ils en ont très souvent) et sur coup franc.

    Sinon, cette équipe du MHSC reste la meilleure et de loin par rapport à toutes les formations alignées depuis 1974…

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